Webinaire "Art, fragile et mégafeux" (projet Ttépic)
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Publié le 20 juin 2023–Mis à jour le 14 février 2024
Date(s)
le 22 juin 2023
Lieu(x)
En ligne
Lien Zoom : https://univ-cotedazur.zoom.us/j/81227670749?pwd=VGdCanNNK2ROS2hBaTdMQ2FNMFNoQT09
ID de réunion : 812 2767 0749
Code secret : 624181
image conférence Ayache juin 2023
22/06/2023. Un webinaire est proposé, dans le cadre du projet "Théâtre & Transition : écologie profonde, intelligence collective" (Ttépic), à 15h00.
Elsa Ayache, artiste et maître de conférences en arts plastiques à l'École des Arts de la Sorbonne (université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne), Institut ACTE, interviendra à distance, pour une conférence intitulée "Art, fragile et mégafeux". Cette conférence s'inscrit dans le cadre du projet Ttépic, soutenu par l'axe 4 de la MSHS Sud-Est.
Résumé :
Que fait-on aujourd’hui, de ce que l’on voit, perçoit et sait des aspects concrets du réchauffement climatique : incendies, inondations, canicules, sécheresses entre autres ? Comment l’art rend-il compte de l’effondrement écologique ? Comment des œuvres plastiques explorent-elles la relation entre nature et crise et travaillent-elles avec leurs temporalités respectives ? À quels types de positionnements de leurs auteurs renvoient-elles ?
Inscrite dans la recherche en art, cette communication a pour objectif de présenter une pratique artistique articulée depuis 2018 au phénomène extrême des mégafeux en Amérique. À travers un travail croisant texte, peinture, dessin et photographie, la conférencière souhaite aborder l’idée qu’entre l’évènement destructeur et sa représentation, se trouve un écart investi par l’art permettant, un moment, de s’extraire d’une temporalité de l’urgence et d’envisager une reliance. L’œuvre ne « répond » plus, à proprement parler, à la crise humaine et environnementale, mais l’incarne pour revenir à ce qui est là et à ce qui disparaît, pour être à l’instant de la perte de contrôle et de l’accident.
Il s’agit d’ « y être » : par le processus long d’un dessin minutieux qui traite l’incendie foudroyant. « Y être » : non à l’événement, mais au danger atemporel qu’il représente. « Y être » : au fragile, séculaire. « Y être » : à ce point infime du basculement qui définit le vulnérable. Une peinture, des mots, qui n’ont pas nécessairement de fonction militante ou d’appel à l’action, peuvent néanmoins interroger la manière dont la crise écologique vient travailler nos propres incertitudes, notre capacité de regard, une conscience, une distance et les formes de l’art qui permettent de nous y relier. Ainsi, des œuvres seraient susceptibles de créer des espaces-temps où le petit et le gigantesque se donnent en miroir au sein d’un seul et même écosystème, en faisant résonner l’individuel et le collectif, l’intemporel et le situé, le domestique et le politique.