S’inscrivant dans la lignée des réflexions initiées notamment par Philip Pettit et enrichies par la doctrine française récente, ce projet repose sur l’idée que la liberté ne saurait être réduite à une simple absence d’entrave. Elle doit être pensée comme protection effective contre toute forme de domination arbitraire, y compris lorsqu’aucune contrainte explicite ne s’exerce. Une telle approche implique de replacer l’égalité au cœur même de la liberté et d’interroger le rôle du droit comme instrument de sécurisation, d’émancipation et de limitation des pouvoirs, qu’ils soient publics ou privés. Dans une optique interdisciplinaire, ce projet vise à croiser les regards des juristes, politistes, philosophes et sociologues autour de trois axes principaux : la clarification conceptuelle de la liberté comme non-domination ; l’identification des situations contemporaines de domination, notamment structurelles ; l’analyse des instruments juridiques, politiques et sociaux susceptibles de lutter contre ces formes de domination. Une attention particulière sera portée aux apports critiques issus des approches féministes, queer et post-coloniales, qui ont mis en lumière les limites d’une égalité formelle indifférente aux rapports de pouvoir réels, ainsi qu’aux enjeux liés à l’État social, à la justice sociale et à la reconnaissance des identités minoritaires. Le projet entend ainsi contribuer à une refondation théorique et pratique de la citoyenneté, pensée à l’aune de la non-domination et de l’inclusion effective. Dans cette perspective, les organisateurs lancent un appel à manifestation d’intérêt à destination de sociologues, philosophes, politistes et chercheurs en sciences sociales, désireux de contribuer à cette réflexion collective par des approches théoriques, empiriques ou critiques.
Intervenant :
Marc Guerrini est professeur de droit public à l’Université Côte d’Azur et membre junior de l’Institut Universitaire de France, où il dirige une chaire consacrée au droit comme instrument du vivre-ensemble. Spécialiste de droit constitutionnel et des libertés fondamentales, il est directeur adjoint du CERDACFF et référent déontologue et laïcité pour la fonction publique territoriale des Alpes-Maritimes. Ses travaux portent sur l’État de droit, l'articulation des ordres juridiques et les dynamiques contemporaines du constitutionnalisme.