VISPAT - Modulation de la spatialisation par la charge en mémoire de travail et les capacités cognitives

Résumé : La spatialisation est un processus par lequel l'information spatiale peut compléter le système cognitif pour traiter l'information.

Porteurs de projet

Fabien Mathy (Laboratoire BCL, Université Côte d'Azur/CNRS)

Partenaires

  • Maëliss Vivion (BCL, UniCA/CNRS)
  • Alessandro Guida (LP3C, Université Rennes 2)
  • Stephen Ramanoël (LAMHESS, UniCA)

Dates

juin 2022 – décembre 2022

Sources de financement

  • EUR Healthy

Objectifs et méthodologie

La spatialisation est un processus par lequel l'information spatiale peut compléter le système cognitif pour traiter l'information.
Cependant, aucune recherche n'a encore montré de variations du phénomène en fonction du nombre d'items à scanner en mémoire. Sur la base de la revue de Guida et Campitelli (2019), nous avons comparé la longueur des stimuli à rappeler dans différentes études. Il est clair que les conceptions passées ont été choisies pour utiliser des longueurs de liste adaptées à la capacité de la mémoire sans que les raisons de ce choix soient explicites. L’hypothèse est que la spatialisation se produit principalement lorsque les tâches d'empan sont adaptées à la capacité de la mémoire de travail (Cowan, 2001). Nous avons mesuré la spatialisation et la capacité de la mémoire de travail simultanément afin de montrer qu'il existe une relation directe entre la capacité et le phénomène.

Méthodologie :
Les participants ont mémorisé des séquences d'éléments présentés séquentiellement au centre d'un écran d'ordinateur et ont ensuite effectué un test de reconnaissance pour lequel ils ont répondu à l'aide de touches latéralisées. La longueur de la séquence a été manipulée intra-participants (c'est-à-dire que les participants se sont vus présenter des séquences de trois, quatre et cinq éléments, par block). Les participants ont répondu "oui" en utilisant une main pour la première moitié des essais et l'autre main pour l'autre moitié des essais. Les participants ont répondu "non" en utilisant l'autre main. Nous avons mesuré la capacité de la mémoire de travail verbale des participants, et nous avons également évalué la capacité de la mémoire de travail spatiale et visuelle, la capacité visuospatiale, l'imagerie mentale et la capacité d'orientation spatiale.

Matériel / logiciels utilisés, notamment de la plateforme COCOLAB :
Ordinateurs du CoCoLab, logiciel PsychoPy.

Nombre de participants à l'expérience :
100 jeunes adultes ont participé à ces expériences.

Résultats et publications

Les résultats ont montré un effet de spatialisation significatif pour toutes les longueurs de séquences, à l'exception des séquences de cinq éléments, et un effet plus important pour les séquences de quatre éléments. Dans l'ensemble, nos résultats suggèrent que la charge de la mémoire de travail est un modérateur de l'effet de spatialisation. En outre, nous avons constaté que la spatialisation était en partie modulée par les capacités spatiales des participants.
  • Publication (papier accepté en février 2025) dans la revue Memory & Cognition (Vivion, M., Guida, A., Ramanoël, S., & Mathy, F. (In press). Spatial positional association of response codes is modulated by the number of items in working memory.) Le papier comporte une série de 2 expériences, dont une étant celle menée au CoCoLab et a été publié dans HAL.
  • Présentation affichée lors du colloque de l’ESCOP en 2023 ("Spatialization tested via the Spoarc effect is modulated by the number of items to be memorized in working memory", Porto, Portugal) et à l’occasion du Workshop "Relations between space, language, and numbers" en 2024 (Tübingen, Allemagne, "Spatialization and its link to working memory capacity").
Le projet s'est poursuivi avec un deuxième volet porté au CoCoLab (Étude comportementale des déterminants du processus de spatialisation en mémoire de travail – financement par l’Académie 5), et actuellement grâce à une candidature pour une bourse post-doctorale FYSSEN.