Un double phénomène marque aujourd’hui l’histoire du film amateur : la numérisation des archives de films amateurs et leur mise à disposition sur des plateformes adhoc d’une part, et la prolifération d’images amateures autoproduites et diffusées sur les réseaux sociaux d’autre part. En résulte une multiplication de gestes de réappropriation, de la part d’acteurs très variés : artistes (plasticiens, musiciens, cinéastes, vidéastes), historiens, archivistes, éducateurs, mais aussi internautes et passionnés en dehors de tout cadre professionnel, travaillent ces matériaux, contemporains ou patrimoniaux, pour créer de nouveaux contenus, sous la forme de films de montage (fictions, documentaires, films autobiographiques, ciné-contes, films expérimentaux, films d’artiste…), de clips vidéo, de performances musicales (ciné-concert, Vjing…) ou visuelles. Ce sont à ces formes de réemploi que s’intéresse le programme de recherche REC-forward, qui a d’ores-et-déjà donné lieu à un colloque international (un autre en préparation fin octobre 2023) ainsi qu’à des programmations culturelles variées. Des résidences d’artistes sont aussi envisagées en collaboration avec la Villa Arson dans les mois à venir.
Ce projet de recherche est fondamentalement interdisciplinaire, puisqu’il suppose d’interroger tout à la fois l’esthétique et la forme des objets de réemploi, les sources mobilisées, les discours qu’ils véhiculent, les contextes dans lesquels ils éclosent, la typologie des acteurs qui les prennent en charge, les modalités de leur circulation, etc. Il concerne notamment, mais sans caractère exclusif, les Sciences de l’information et de la communication, les Études cinématographiques et audiovisuelles, l’Esthétique, les Arts du spectacle, l’Histoire, la Sociologie, l’Anthropologie, les Sciences de l’éducation, la Narratologie, la Philosophie.
Intervenantes :
photo Christine Taillibert
Christel Taillibert est Professeure en Sciences de l’information et de la communication, et membre du Laboratoire Interdisciplinaire Récits, Cultures et Sociétés (LIRCES). Ses travaux interrogent les médiations cinéma/éducation, dans une perspective transhistorique, mais aussi, dans une perspective socio-économique, les environnements de la production audiovisuelle numérique et les festivals de films.
photo Sophie Raimaond
Sophie Raimond est Maîtresse de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Côte d’Azur. Agrégée de Lettres modernes, diplômée d’Études approfondies en Littérature comparée et Docteure en Sciences de l’information et de la communication, elle est chercheuse au Laboratoire Interdisciplinaire Récits, Cultures et Sociétés (LIRCES). Ses publications portent sur la création visuelle, la pratique artistique du réemploi et les relations texte/image, avec une attention particulière aux enjeux esthétiques et politiques du cinéma de Jean-Luc Godard.