Le projet ALGORISC se structure autour de l’organisation d’un cycle de séminaires (un par trimestre environ) portant sur la thématique de la surveillance algorithmique au sein des organisations et des questions éthiques qui s’y rattachent, notamment celles liées au management à l’ère de l’IA.
Porteur de projet
Nicolas Oliveri (SIC.Lab Méditerranée)
Dates
3 séminaires en 2026
Partenaires
- Pierre THÉROUANNE (MCF en psychologie et ergonomie, LAPCOS),
- Jean-Sébastien VAYRE (MCF sociologie, GREDEG),
- Frédéric ELY (MCF en SIC, SIC.Lab Méditerranée),
- Franck DEBOS (MCF en SIC, SIC.Lab Méditerranée),
- Claudine BATAZZI (PR en SIC, SIC.Lab Méditerranée),
- Anthony HUSSENOT (PR en gestion GREDEG),
- Sophia GALIERE (MCF en gestion, GREDEG),
- Valentine GEORGET (MCF en gestion, GREDEG),
- Cécile CEZANNE (MCF HDR en gestion, GREDEG),
- Edith GALY (MCF en psychologie, LAPCOS),
- Dirk STEINER (MCF en psychologie, LAPCOS),
- Claire ESTAGNASIÉ (docteure en SIC et gestion, SIC.Lab Méditerranée),
- Lilia RIGHI (IDRAC Business School),
- Didier CHABANET (IDRAC Business School),
- Jessica LICHY (IDRAC Business School),
- Solveig EVENSTAD (Norwegian University of Science and Technology).
Source de financement
- MSHS Sud-Est, axe 2
Objectifs
Le projet ALGORISC s’inscrit dans une dimension critique des pratiques organisationnelles et managériales de l’utilisation de l’IA dans le moissonnage des données des collaborateurs en situation de travail. Effectivement, comme une multitude d’autres technologies porteuses d’espoir, les représentations à l’œuvre autour de l’IA sont foncièrement manichéennes. Depuis son avènement dans les années 50, jusqu’à son ancrage socioculturel et politico-économique au cours des années 2010, l’IA suscite autant d’engouement qu’elle ne génère de craintes. Ce bipartisme exacerbé semble être le reflet des discours qui accompagnent depuis toujours l’histoire des techniques et son corollaire implicite, à savoir le mouvement vers le progrès technique, puis social. Récemment, les SIC et d’autres disciplines connexes en SHS se sont emparées à leur tour de l’IA comme nouvel objet de recherche, essentiellement dans le cadre d’une analyse de la dimension performative de ces technologies. Pour autant, de nombreux auteur s’interrogent depuis un certain nombre d’années déjà sur la question éthique de l’intégration de l’IA au sein des organisations. Le projet ALGORISC souhaite donc œuvrer à la tâche immensément complexe qui consisterait à poser un cadre d’analyse de l’intelligence artificielle au prisme d’une approche qui se voudrait tout à la fois info-communicationnelle, sociologique, de gestion ou psychologique. En effet, à bien des égards, l’IA n’est qu’un outil supplémentaire niché au cœur des TIC, s’intégrant alors dans un écosystème numérique préexistant, lui-même pouvant être considéré comme l’une des faces visibles de « l’IA-fication » des organisations. Ainsi, cette dilution conceptuelle et la multiplicité des démarches et autres approches déjà en présence, ne permettent pas à ce jour de s’extraire d’une méthodologie assez classique, plus ou moins proche de la sociologie des usages, afin de déterminer comment l’IA impactera la transition numérique des organisations et modifiera le fonctionnement global du monde professionnel. Dans ce contexte multiforme, de nouveaux enjeux et risques émergent alors : surveillance algorithmique, traçabilité accrue des collaborateurs, injonctions technologiques diverses, désorganisation numérique.
Enfin, le projet ALGORISC capitalisera sur les apports de cette première phase de maturation conceptuelle afin de questionner plus efficacement les pratiques in situ des collaborateurs en situation de travail (adaptation des pratiques managériales dites « responsables », évaluation de la montée en compétences des collaborateurs, modalités de recrutement, respect de l’éthique organisationnelle, etc.). La notion de risque numérique présente en filigrane tout au long de ce projet de recherche, pourrait alors sans doute permettre d’éclairer une partie des problématiques encore largement controversées quant aux conséquences de la présence de l’IA au cœur du facteur travail. Il reste donc aux futurs chercheurs à opérer un devoir de clarification des concepts et de positionnement des cadres et modèles d’analyse, permettant de comprendre comment l’IA pourra être interrogée qualitativement sur ces différents volets. C’est ce que le projet ALGORISC se fixera comme objectif prioritaire en s’appuyant sur une démarche pluridisciplinaire (participation de chercheurs issus de quatre disciplines en SHS) et interculturelle (discussions en cours avec des collègues étrangers - Canada et Norvège - pour leur participation à distance lors des séminaires à venir).